Les différences raciales dans l'incidence de
cancer colorectal
R Virk, S Gill, E Yoshida, S Radley, B Salh
HISTORIQUE : Le cancer du côlon est l'un des cancers les plus courants
et la deuxième cause de mortalité par le cancer en importance dans les
sociétés occidentales. Le dépistage des populations a été mis en place pour
en réduire les répercussions. Cependant, il existe peu de données, sinon
aucunes, sur l'incidence de cette maladie dans les différentes populations
qui composent la population canadienne.
OBJECTIF : Déterminer rétrospectivement l'incidence de cancer
colorectal dans des populations raciales sélectionnées de la Colombie-
Britannique.
MÉTHODOLOGIE : Les auteurs ont utilisé la base de données de la
British Columbia Cancer Agency pour extraire l'information sur l'incidence
des cancers qui se sont produits entre 1994 et 1998, de même que les
recensements de la population britanno-colombienne et nationale pour
dériver le taux d'incidence de cancers colorectaux propres à l'âge et
stratifiés selon l'âge. Les noms de famille ont permis d'établir l'identité des
personnes d'origine sud-asiatique et chinoise.
RÉSULTATS : Chez les Canadiens de race blanche (B), le taux
d'incidence pondéré et stratifié selon l'âge variait entre 51,99 cas pour
100 000 habitants en 1995 et 57,68 cas pour 100 000 habitants en 1998.
Chez les Canadiens d'origine chinoise (C), la plage variait entre 39,2 cas
pour 100 000 habitants en 1996 et 31,2 cas pour 100 000 habitants en 1998.
Chez les Canadiens d'origine sud-asiatique (A), la plage variait entre 7,40 cas
pour 100 000 habitants en 1994 et 24,85 cas pour 100 000 habitants en 1998.
Le rapport de risque (RR) d'apparition de cancer était significativement
différent lorsqu'on comparait les B aux C (RR 1,9; 95 % IC 1,58 à 2,31;
P<0,001), les B aux A (RR 7,1; 95 % IC 4,20 à 12,0; P<0,0001) et les C
aux A (RR 3,7; 95 % IC 2,14 à 6,5; P<0,0001).
CONCLUSIONS : Pour la première fois, on a défini des différences
significatives dans l'incidence de cancers colorectaux au sein de divers
sous-groupes raciaux de la Colombie-Britannique. Cette observation peut
avoir des conséquences importantes pour le dépistage et la compréhension
des facteurs environnementaux qui influent sur la biologie de ces lésions.
Puisque les A ont la plus forte incidence de cardiopathie athéroscléreuse et
de diabète, ces résultats laissent supposer que des facteurs protecteurs
génétiques ou environnementaux non identifiés peuvent contrer le risque
habituellement reconnu de consommation de graisses très saturées pour
l'apparition de cancer colorectal.
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